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Guide pratique / Réglementation

Autorisation drone au Luxembourg : que faut-il prévoir pour un tournage professionnel ?

Utiliser un drone pour un tournage ne demande pas automatiquement une autorisation opérationnelle. Le lieu, la date et les conditions de vol déterminent les démarches à réaliser.

David Basile Publié le Lecture 8 min
David Basile consulte une radiocommande avec écran pendant une préparation de tournage.
Préparation technique DB Studio. La faisabilité se construit avant la prise de vue.

L’essentiel

Un tournage professionnel peut relever de l’OPEN sans autorisation opérationnelle préalable.

  • Mais une zone rouge peut imposer une autorisation d’accès ou une notification.

  • Sur le Géoportail, activez les couches UAS, repérez le point GPS du tournage et ouvrez les conditions de chaque zone traversée.

  • Téléchargez son annexe, transmettez les informations demandées au bon interlocuteur et respectez le délai indiqué avant de voler.

La première question d’un tournage aérien n’est pas seulement « faut-il une autorisation ? ». Il faut déterminer ce qui va voler, où, quand et dans quelles conditions. Une vue large d’un bâtiment et un suivi rapproché au milieu d’un événement ne posent pas les mêmes questions de préparation.

Un tournage professionnel exige-t-il toujours une autorisation ?

Non. Un tournage professionnel peut relever de la catégorie OPEN. Le cadre européen classe les opérations selon leur risque, sans séparer automatiquement loisir et activité commerciale. Un tournage peut donc être réalisé en catégorie OPEN. L’EASA explique cette approche par le risque.

En OPEN, aucune autorisation opérationnelle préalable ni déclaration d’exploitation n’est requise au titre de cette catégorie. Cela ne dispense pas de respecter les autres conditions : compétences, caractéristiques du drone, personnes au sol et restrictions locales.

Il faut distinguer l’autorisation opérationnelle, liée au régime d’exploitation, de l’autorisation d’accès à une géozone, liée à un espace donné. La seconde peut être nécessaire même pour un vol OPEN.

Partir du lieu exact et de la date

Une adresse seule ne décrit pas tout le tournage. Le point de décollage, la trajectoire, la hauteur recherchée et la position des personnes comptent également. Préparez un repère sur carte et quelques photographies du site : ils permettent de discuter d’un parcours concret.

  1. LieuAdresse, emprise et trajectoire.
  2. GéozoneConditions valables à la date du vol.
  3. OpérationDrone, personnes et catégorie.
  4. DémarchesDemandes et coordination applicables.

Ce parcours organise l’étude. Il ne constitue pas une validation de vol : chaque étape doit être résolue avant de confirmer le dispositif.

Vérifier les géozones sur la carte officielle

Au Luxembourg, consultez la carte officielle des zones UAS. La DAC précise que les zones des fabricants ne couvrent pas nécessairement toutes les restrictions. Un drone qui accepte de décoller n’est donc pas une preuve que l’opération est autorisée.

Une zone peut interdire le vol, imposer une autorisation préalable ou demander une notification. Lisez ses conditions et identifiez l’interlocuteur indiqué. Plusieurs contraintes peuvent se superposer au même endroit.

1. Afficher les couches UAS

Dans Couches → Catalogue → Zones géographiques UAS, vérifiez que les couches « Hauteur de vol de 0 à 50m » et « Hauteur de vol de 50 à 120m » sont cochées. Le lien direct ci-dessus les active normalement déjà. Consultez les tranches traversées par le vol prévu : un plan à 80 mètres implique aussi la montée depuis le sol. Une carte de fond sans ces couches ne suffit pas.


Géoportail : les deux couches de hauteur UAS sont cochées dans le catalogue, et les zones actives apparaissent en rouge sur le Luxembourg.
Les deux cases UAS sont activées. Capture du Géoportail du 22 septembre 2026. Agrandir la capture ↗

2. Placer le point GPS et ouvrir la zone rouge

Zoomez sur le lieu, repérez le point GPS où vous souhaitez décoller, puis cliquez dans la zone rouge concernée. Le panneau Infos affiche sa référence, ses limites de hauteur, sa période d’activité et le lien Conditions. Vérifiez aussi toute la trajectoire prévue : un décollage en dehors d’une zone ne permet pas d’y entrer librement.

Certaines zones rouges nécessitent une autorisation particulière, même en OPEN. D’autres, notamment autour d’hélistations, imposent une notification et une coordination. Le document de la zone précise ce qui s’applique ; plusieurs zones peuvent se superposer.

  • RougeZone active : consulter les restrictions et conditions d’accès.
  • JauneZone qui doit prochainement s’activer.
  • GrisZone existante, inactive au moment de la consultation.

Une zone rouge près de Luxembourg est sélectionnée. Le panneau Infos indique son activité, ses limites et le document PDF de ses conditions.
Le clic ouvre les informations et le document « Conditions ». Exemple de lecture, sans validation d’un vol. Agrandir la capture ↗

3. Télécharger l’annexe et transmettre la demande

Dans Infos → Conditions, ouvrez le PDF associé à la zone : il contient les règles d’accès et, selon le cas, l’annexe ou le formulaire à compléter. Relevez la référence de la zone et les coordonnées du service à contacter.

  1. Renseignez le lieu du vol : coordonnées GPS dans le format demandé, point de décollage et emprise du parcours.
  2. Précisez le programme : date, horaires, durée, hauteur, drone et coordonnées de l’exploitant ou du télépilote, selon le formulaire.
  3. Envoyez le dossier au destinataire indiqué, avec les pièces demandées, dans le délai propre à cette zone.
  4. Avant de décoller, vérifiez la réponse et les consignes : lorsqu’une autorisation est exigée, son obtention est nécessaire. Une notification peut aussi imposer un appel au début et à la fin du vol.

Le guide Géoportail de la DAC illustre cette lecture d’une fiche et de son formulaire. L’envoi du document ne vaut pas, à lui seul, autorisation de voler. Il faut satisfaire toutes les conditions des zones traversées.

Ces captures servent à expliquer l’outil : elles ne remplacent jamais la carte à jour. Source : Géoportail Luxembourg, avec les crédits cartographiques conservés dans les images. La FAQ de la DAC précise la lecture des couleurs.

La carte est dynamique : certaines zones sont activées plusieurs fois par jour et des restrictions temporaires peuvent être créées pour un événement. Une vérification au devis doit être renouvelée avant le vol. La page géozones de la DAC renvoie aussi vers les actualités et explique ces conditions d’accès.

Quels délais pour une demande en zone rouge ?

Le délai dépend de la zone et de la démarche. Lisez l’annexe avant de fixer la date du tournage : les délais de notification ne remplacent pas ceux d’une demande d’autorisation.

  • 24 h minimumPour la notification d’hélistation illustrée dans le guide officiel de la DAC. La fiche prévoit aussi une coordination téléphonique le jour du vol. Vérifiez l’annexe actuelle de votre zone.
  • 10 jours minimumLe formulaire ANA de la zone EL-UAS-A1-ELLX0, autour du Findel, indique ce délai et exige une autorisation formelle avant d’effectuer la mission.
  • 10 jours ouvrablesLe délai minimal de dépôt annoncé par la DAC pour les demandes d’autorisation d’accès à une zone UAS qu’elle traite. Une demande tardive, incomplète ou complexe peut demander davantage de temps.

Sources : exemple de notification à 24 h de la DAC, formulaire ANA EL-UAS-A1-ELLX0 et délais de dépôt de la DAC, consultés le 22 septembre 2026.

Ces exemples ne constituent pas un délai unique pour toutes les zones rouges. Le document de la zone, son destinataire et les consignes reçues déterminent la démarche exacte. Prévoyez une marge et une date de report ; conservez le dossier transmis et l’accord lorsqu’il est requis.

Quand un tournage peut-il rester en catégorie OPEN ?

L’OPEN comporte les sous-catégories A1, A2 et A3. Le choix dépend notamment du drone et de la proximité des personnes. Les exigences de formation ne sont pas identiques dans tous les cas ; la présentation OPEN de la DAC permet d’orienter cette vérification.

Les critères généraux comprennent notamment une masse maximale au décollage inférieure à 25 kg, l’absence de survol de rassemblements de personnes, des distances adaptées et le maintien du vol à vue selon les conditions prévues. La limite générale est de 120 mètres par rapport au point le plus proche de la surface terrestre, avec des cas particuliers encadrés. Le drone et l’opération doivent satisfaire l’ensemble des conditions, pas seulement la hauteur.

Ces critères figurent aux articles 3 et 4 du règlement européen reproduits par l’EASA. Ils ne permettent pas de conclure qu’un petit drone peut filmer partout, ni qu’un terrain privé échappe aux règles aériennes.

En OPEN : un cadre commun en France et au Luxembourg

La catégorie OPEN s’applique en France, au Luxembourg et dans les autres États membres de l’EASA : les pays de l’Union européenne, ainsi que l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. L’enregistrement d’exploitant et les certificats européens applicables y sont reconnus, comme l’explique l’EASA.

Un exploitant enregistré en France n’a donc pas à demander une autorisation opérationnelle transfrontalière pour une mission OPEN au Luxembourg. Il reste tenu de respecter les géozones et les règles locales : une autorisation d’accès à une zone rouge peut toujours être nécessaire. La FAQ de la DAC confirme cette distinction.

Et si le tournage relève du SPECIFIC ?

Si le vol dépasse les conditions OPEN, l’exploitant doit examiner le régime SPECIFIC : autorisation opérationnelle, déclaration de scénario standard européen ou privilèges LUC, selon le cas. La DAC présente les démarches correspondantes.

La procédure transfrontalière concerne ici le SPECIFIC. Un exploitant français doit accomplir les formalités applicables au Luxembourg et obtenir les confirmations requises avant l’opération. L’EASA détaille les procédures selon le régime utilisé. La DAC annonce au moins six semaines pour une demande d’autorisation opérationnelle et dix jours ouvrables pour une demande transfrontalière. Ces délais sont distincts de ceux de l’accès aux géozones.

Ne pas oublier le tournage au sol et les images

L’étude aérienne ne remplace pas l’organisation du site. Convenez avec son responsable des accès, des zones de préparation, des circulations et du créneau disponible. Prévoyez qui peut interrompre une prise si une personne entre dans le parcours.

La captation et la diffusion constituent aussi un sujet distinct. La DAC rappelle les obligations liées à la vie privée et aux données personnelles. Identifiez les personnes susceptibles d’apparaître, les usages prévus des images et les accords à organiser avec la production.

Vérifier l’assurance professionnelle drone

Une assurance adaptée à l’activité professionnelle fait partie de la préparation du tournage. La DAC rappelle l’obligation d’assurance responsabilité civile pour le drone, afin de couvrir les dommages causés aux tiers. Une garantie couvrant la casse du matériel ne remplace pas cette responsabilité civile.

Avant la mission, demandez une attestation à jour et vérifiez avec l’assureur que le contrat couvre l’usage professionnel, les drones et les opérations prévus, ainsi que le pays du tournage — notamment le Luxembourg pour un exploitant français. Contrôlez aussi les plafonds, franchises et exclusions. Une RC générale ou une assurance de loisir ne doit pas être présumée suffisante pour une prestation aérienne rémunérée.

Les informations à transmettre pour commencer

Pour obtenir une première étude utile, rassemblez :

  • le lieu exact et les espaces que vous souhaitez montrer ;
  • la date, la plage horaire et une éventuelle date de report ;
  • les plans recherchés et vos références visuelles ;
  • la présence de public, d’équipes ou de véhicules ;
  • le contact responsable du site et ses contraintes d’accès.

La page tournages drone au Luxembourg présente l’accompagnement DB Studio. Vous pouvez transmettre le lieu et votre intention de tournage pour étudier la faisabilité avant de figer le planning.

Sources & vérification

Dernière vérification des informations : .

David Basile, télépilote drone et réalisateur

David Basile / DB Studio

Télépilote drone professionnel et réalisateur depuis 2020.

À propos de l’auteur

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